La CNIL se penche (mal) sur Extia

Extia est une entreprise de services du numérique (ESN) d’environ 2 000 salariés. Dans ce cadre-là, elle conduit de nombreux recrutements de personnels pour les placer auprès de ses clients.

Suite à des plaintes, et dans le cadre de l’action coordonnée européenne 2025 (que nous avons lourdement critiqué), la CNIL a contrôlé, en avril 2025, son respect des droits à l’effacement et à l’information pour l’année 2024.

Le 2 juillet 2026, la formation restreinte, l’organe de sanction de la CNIL, s’est penchée sur cette entité. PURR a assisté à la séance.

Note :


La Rapporteure de la CNIL a soulevé les griefs suivants :

En conséquence, la Rapporteure a proposé que les mesures correctrices soient une amende de 400 000 d’amende et la publicité de la décision.


En défense, l’ESN a soulevé les points suivants :


Pour PURR, ce dossier, qui témoigne d’un emportement et d’une démesure de la CNIL, n’aurait jamais dû être examiné par la formation restreinte au regard des nombreuses autres plaintes bien plus graves dont est saisie la CNIL et qui ne font pourtant même pas l’objet d’une mesure correctrice quelle qu’elle soit.

Les faits sont en pratique extrêmement mineurs (une quinzaine de cas sur plusieurs centaines de milliers de candidatures), ont été causés par un courriel d’information, appréciable et bien trop rarement constaté en pratique, qui a entraîné malgré lui une surcharge de travail très importante. Les violations au RGPD sont en réalité quasiment inexistants et n’auraient probablement pas fait l’objet de poursuites, y compris par nos membres, une fois la situation réellement comprise.

Le fait qu’un rapporteur ait été désigné, que le collège de la formation restreinte se soit réuni, est ici totalement incompréhensible et correspond à une perte de temps et de moyens extrêmement dommageable au regard de l’absence de traitement d’autres plaintes bien plus graves et critiques.

La CNIL semble avoir voulu faire un exemple ou s’être enferrée dans une volonté de sanction à tout prix, alors même que le dossier, déjà risible à l’origine, se dégonflait au fur et à mesure des échanges avec le responsable de traitement (Extia).

Nous constatons également ici une faible qualité de l’instruction, voire son absence totale. Ceci transparaît aussi régulièrement dans nos dossiers. En séance, la CNIL a vanté la célérité de son instruction ; nous la qualifions ici de précipitation.

L’amende requise est disproportionnée en comparaison, par exemple, de celle proposée pour l’Hôpital privé de la Loire (400 000 euros versus 350 000 pour des manquements plus grave) ou de celle imposée à Kaspr (240 000 euros pour un « modèle d’affaires […] repos[ant] sur la violation de dispositions majeures du RGPD »).

Ce cas est l’exemple parfait que notre Association milite pour une application juste du RGPD, et non dissuasive à tout prix comme le sous-entend régulièrement la CNIL. En pareil cas, nous n’aurions probalement souhaité aucune sanction une fois informé de la situation. Un simple rappel à la loi, que la CNIL est pourtant habituellement très encline à émettre, y compris pour des cas pourtant extrêmes, nous aurait presque déjà paru disproportionné.